Qu’est-ce qu’un hydrolat ?

Un hydrolat aromatique est la phase aqueuse qui se trouve au fond de l’essencier après distillation de la plante.

Autrement dit un hydrolat est le co-produit de la distillation par entraînement à la vapeur d’eau des plantes aromatiques.

On l’appelle aussi eau florale ou hydrosol.

En effet, au sortir de l’alambic, lors de la distillation, 2 produits sont obtenus :

  • d’un côté, l’huile essentielle qui surnage en général au-dessus de l’hydrolat
  • et de l’autre l’hydrolat ou eau aromatique de distillation

Le mot « Hydrolat » vient du latin « hydro » qui signifie « eau » et du vieux français « lat » ou  » lait » en référence à son aspect légèrement trouble du liquide fraîchement distillé.

Quelles plantes composent les hydrolats?

Seules les plantes aromatiques permettent de récolter à la fois une huile essentielle et un hydrolat.

Par exemple, le thym, le romarin, la rose, le laurier, la camomille, le basilic, le cyprès, le genévrier, l’hélichryse,…

Par contre, certaines plantes sont distillées uniquement pour leur hydrolat comme :

  • L’Hamamélis (Hamamelis virginiana)
  • Le Bleuet (Centaurea cyanus)
  • Le Plantain Plantago lanceolata)

Quelle est la différence entre un hydrolat et une eau florale?

La différence entre une eau florale et un hydrolat est que l’eau florale provient d’une fleur, c’est un hydrolat de fleur.

En revanche,les hydrolats proviennent d’une partie de la plante : feuille, fleur…

Par exemple : on distille les feuilles de sauge ou de menthe alors que l’on distille la fleur d’oranger ou de bleuet.

Autrement dit, les hydrolats regroupent les eaux florales mais ce ne sont pas que des eaux de fleurs.

Histoire des hydrolats

Longtemps considérés comme des résidus ou des sous-produits de la distillation, ils connaissent donc une moindre notoriété que les huiles essentielles.

Pourtant, il suffit de sentir ou de goûter un hydrolat pour comprendre qu’il n’y a rien d’un déchet.

Il y a 3000 ans, on distillait juste pour obtenir des eaux précieuses.

Elles sont connues depuis le temps des Egyptiens.

Au XIème siècle, Avicenne perfectionne la technique de distillation par entraînement à la vapeur d’eau et décrit l’obtention de l’huile essentielle et de l’hydrolat.

XVIIIème siècle, beaucoup de médecins, de guérisseurs et d’alchimistes utilisent les eaux florales, plus répandues que les huiles essentielles.

Par la suite les hydrolats tombent dans l’oubli.

Plusieurs raisons à leur oubli

  • Ils ont une faible valeur économique par rapport aux huiles essentielles

L’huile essentielle de rose de 1 ml coûte 13 à 20 euros.

Quand 200 ml d’hydrolat de rose reviennent à 6 à 20 euros.

Il faut 4 tonnes de pétales pour obtenir 1 litre d’huile essentielle (idem fleur d’oranger , mélisse…)

  • Ils nécessitent aussi des techniques de filtration. En effet, on peut constater sur les bouteilles d’hydrolat la notion de « micro-filtré ».
  • De plus, certaines précautions sont à prendre quand à leur conservation

Aujourd’hui,les hydrolats recommencent à avoir le vent en poupe avec l’hydrolathérapie.

Les critères de qualité d’un hydrolat

L’hydrolat doit être 100 % pur et naturel.

Ce n’est pas un produit composé, il ne doit pas être coupé avec de l’eau, de l’alcool, ou additionné à des conservateurs.

Il faut donc bien vérifier qu’il s’agit d’une eau florale véritable.

Souvent les eaux de fleur d’oranger ou de rose ne sont que des eaux aromatisées contenant des conservateurs.

Comment bien choisir son hydrolat?

Voici les indications qui doivent apparaître sur la bouteille de l’hydrolat:

  • le nom botanique complet
  • la partie distillée : pas les mêmes propriétés d’une partie de la plante à l’autre
  • 100 % pur et naturel
  • issu de l’Agriculture biologique

Mais attention, la qualité dépend aussi du soin donné à la distillation.

Qualité des hydrolats par rapport à la production

Ils sont obtenus par passage de la vapeur d’eau au cours de la distillation à travers les produits végétaux et récupération par condensation.

La quantité d’eau utilisée pour distiller un certain poids de plantes ou de parties de plantes est variable selon le producteur.

Tout dépend si il souhaite privilégier la qualité ou la quantité.

La qualité de l’hydrolat varie en fonction :

  • de la vitesse de la distillation
  • et bien sûr de la qualité des végétaux de départ (culture selon les règles de l’agriculture biologique, récolte des végétaux en milieux sauvages,…
  • puis de la pression à laquelle s’effectue la distillation
  • ensuite de la qualité de l’eau utilisée pour la distillation (peu calcaire, non polluée,…
  • et d’autres facteurs rentrent en compte comme la technique de récolte (manuelle, mécanisée),…

La qualité varie avec son usage

Quand on vise la valeur thérapeutique des hydrolats, le procédé de distillation doit se faire à basse pression et on ne conserve que les 30 à 40 % de l’hydrolat c’est-à-dire les fractions qui sont les plus riches en molécules hydrophiles et actives.

L’hydrolat provenant des dernières étapes de la distillation contient plus d’eau pure que d’actifs thérapeutiques.

Si on souhaite utiliser l’hydrolat en alimentation ou en agriculture, il est possible de conserver une plus grande proportion de l’hydrolat.

Conservation des hydrolats

La conservation des hydrolats est en général plus délicate que celle des huiles essentielles car ils sont sensibles à la chaleur, à la lumière, et aux attaques microbiennes.

Les hydrolats doivent donc être conditionnés dans des flacons propres, opaques et teintés. Avec une préférence pour le verre.

Combien de temps peut on conserver un hydrolat?

Selon leur nature et leur procédé leur conservation varie de quelques mois à moins de 2 ans.

En général, un hydrolat de qualité destiné à un usage thérapeutique bénéficie d’une technique de microfiltration qui augmente sa durée de conservation.

Un flacon non entamé peut-être gardé plus d’un an à une température constante ne dépassant pas 20°C.

Si votre flacon est entamé, penser à le refermer ou mieux à le transférer dans un contenant de plus faible volume et à le conserver de préférence à une température inférieure à 15°C à l’abri de la lumière.

Composition des hydrolats

Il est assez difficile d’identifier et d’analyser les substances qui composent l’hydrolat.

Un hydrolat se compose donc d’eau et environ 1 % de composés hydrosolubles de l’huile essentielle.

Ils retiennent des principes hydrophiles (comme les acides, les alcools terpéniques) mais sont aussi imprégnés des mêmes molécules aromatiques hydrophobes que les huiles essentielles correspondantes mais à une concentration moindre.

En général un hydrolat aromatique de qualité destiné à l’usage thérapeutique contient une proportion de 2 % d’huiles essentielles.

Une partie des principes aromatiques présents se retrouve à l’état dispersé sous forme ionisée.

Valeur énergétique de l’hydrolat

Ce n’est pas simplement de l’eau additionnée de traces d’huiles essentielles.

Il y a aussi un état de dynamisation dans lequel se trouve les principes actifs.

Ils n’ont pas fait l’objet d’études très poussées mais il est possible d’avancer que leurs propriétés thérapeutiques, notamment dans le domaine psycho-émotionnel, soient le fait de forte capacité de l’eau à mémoriser l’information thérapeutique du végétal. (cf le livre « Les messages cachés de l’eau »)

Chaque goutte de l’hydrolat contient toutes les informations de la plante un peu à l’image de l’homéopathie.

Les hydrolats ont un mode de fonctionnement plus subtil et plus complexe que les huiles essentielles.

Il s’agit donc d’une thérapeutique naturelle entre la phytothérapie et l’homéopathie.

La différence entre un hydrolat et une tisane ou un extrait hydro-alcoolique ?

L’hydrolat est 3 à 4 fois plus riches en principes volatils odorants.

C’est la forme hydrosoluble la plus naturelle d’administration des composés aromatiques hydrophobes d’une plante.

Par contre, il ne contient pas de molécules plus lourdes comme les tanins, les hétérosides, les flavonoïdes ou les alcaloïdes présentes dans un infusé ou une Teinture Mère.

Les hydrolats ont-ils les mêmes propriétés thérapeutiques que les huiles essentielles issues de la même plante ?

Bien sûr il existe des propriétés thérapeutiques communes.

Il existe cependant une différence moléculaire entre l’hydrolat et l’huile essentielle ce qui pourrait justifier des usages différents ou spécifiques.

  • Par exemple, la camomille romaine (Anthémis nobilis)

Si on extrait l’huile essentielle contenue dans l’hydrolat ( par le pentane et analysée par CPG), on constate qu’elle est différente de l’huile essentielle obtenue par distillation par entraînement à la vapeur d’eau.

Le profil chromatographique fait apparaître une prédominance de certains monoterpénols ( transpinocarvéol et esters = isobutyl 3 hydroxy 2 méthyl 2 buténoate) ce qui pourrait expliquer les propriétés antivirales et antalgiques de l’hydrolat.

Voies d’administration d’un hydrolat

Avantages en usage interne

  • Hydrolat peut être directement versé dans l’eau avec laquelle il se mélange parfaitement bien.
  • De plus, il n’y a aucune contre-indication
  • Il peut être aussi employé à tout âge même chez les jeunes enfants
  • Pas de précautions d’usage comme les huiles essentielles
  • Et possibilité d’une utilisation sur une longue période

Conseils d’utilisation

2 cuillères à soupe diluées dans 500 ml ou 1 litre d’eau à boire toute la journée

OU

1 cuillère à soupe dans un verre d’eau 2 fois par jour

Pour les adultes : une cuillère à soupe

En revanche, pour les enfants, ce sera une cuillère à café

Cure de 3 semaines à 1 mois à renouveler

Autres usages

  • En gargarismes
  • Ou pour faire des bains de bouche
  • Mais aussi des lavements de nez
  • Ou des irrigations vaginales

On utilise alors l’hydrolat pur ou dilué.

Pour les muqueuses les plus sensibles ( yeux, zones uro-génitales), il sera préférable de diluer à 20 à 50 % dans de l’eau.

Possibilité aussi d’un usage en cuisine : pâtisseries, sauce, plats avec l’eau de fleur d’oranger, de lavande, de rose,…

Ne pas les porter à température élevée (cuisson) car ils perdent alors de leurs propriétés odorantes et gustatives.

Usage externe

Ils ont une excellente tolérance cutanée : pas d’irritation sur la peau et les muqueuses, c’est pourquoi ils sont employés en

  • frictions
  • compresses
  • vaporisation
  • bain aromatique

En cosmétique, on peut aussi les utiliser comme ingrédient de base.

En effet, on peut grâce à eux confectionner:

– des lotions toniques du visage ( hamamélis, tilleul, rose, fleur d’oranger,…)

– et des lotions légèrement antiseptiques, apaisantes et tonifiantes ( lavande, camomille, …)

– mais aussi réaliser une phase aqueuse dans les crèmes et laits pour les soins du visage et du corps

– et une eau parfumée et rafraîchissante pour le corps ( menthe)

Pour apprendre à les utiliser, voici un petit guide qui met les caractéristiques de chacun en valeur.

Share This