Aromathérapie et huiles essentielles

L’aromathérapie est une branche de la phytothérapie.

C’est l’utilisation des huiles essentielles dans un but thérapeutique.

René Maurice Gattefosse, chimiste lyonnais a inventé ce terme.

L’aromathérapie est l’usage des plantes aromatiques dans un but thérapeutique.

On l’intègre à la phytothérapie.

On extrait des plantes aromatiques des :

  • huiles essentielles
  • hydrolats
  • essences au sens « officinal »

Les plantes aromatiques

Pourquoi fabriquent-elles des essences ?

Les végétaux sont de véritables usines de synthèse.

Ces molécules actives apparaissent aux dernières étapes de la photosynthèse.

Elles sont élaborées à partir d’eau, d’azote, de carbone,…

Voici différentes raisons :

  • c’est une forme de réserve d’énergie
  • il s’agit d’un moyen d’interaction voire de communication avec son environnement
  • ces molécules permettent d’attirer les pollinisateurs
  • permet d’éliminer leurs adversaires
  • pour se protéger du soleil
  • et aussi pour communiquer avec les autres végétaux

Les plantes aromatiques représentent seulement 10% du règne végétal.

On différencie les familles botaniques aromatiques par rapport à la présence d’appareils sécréteurs d’essences :

  • Les poils glandulaires : poches et canaux permettent la sécrétion d’essence.

Exemple : la famille des Lamiacées avec le Thym, les Asteracées ( Camomille,…), Les Géraniacées ( Géranium)

  • Des structures glandulaires : poches à essences

Exemple : Myrtacées ( Eucalyptus globulus), Rutacées ( Ruta graveolens, zeste de citrus), Hypericacées ( Hypericum perforatum = millepertuis), Lauracées ( Laurier).

  • Mais aussi des canaux à essences

Exemple : Pinacées ( Pin), Cupressacées ( Cupressus sempervirens = cyprès), Apiacées ( Angélique,…).

Qu’est-ce qu’une huile essentielle?

C’est un extrait naturel de plantes aromatiques obtenus par distillation par entraînement à la vapeur d’eau.

Il s’agit donc d’essences distillées.

  • Les huiles essentielles ne sont pas composées de corps gras, contrairement à ce que leur nom indique.

Par contre , elles sont lipophiles c’est-à-dire qu’elles ont des composés qui sont liposolubles.

En d’autres termes , elles sont solubles dans l’huile et non dans l’eau.

Elles ont par contre une forte affinité avec les huiles végétales qui leur servent de support lors de préparation d’huile de massage.

  • L’huile essentielle ne représente pas un concentré de la plante avec tous ses principes actifs.

Elle ne contient que les molécules aromatiques de la plante : elle ne contient donc ni vitamines , ni tanins , ni flavonoïdes et autres composés qui ont un poids moléculaire trop important.

  • On distingue aussi les essences de zestes d’agrumes ( citron , orange douce , mandarine , bergamote) obtenues par extraction et expression mécanique à froid.

Les essences sont aussi appelées huiles essentielles même si le procédé d’extraction n’est pas le même.

  • Les huiles essentielles ne sont pas plus concentrées que les tisanes ou les extraits de plantes fraîches.

Voici un comparatif entre la phytothérapie et l’aromathérapie

La phytothérapie

  1. a une faible teneur en principes volatils
  2. possède une richesse en principes actifs hydrosolubles
  3. regroupe des tanins, sels minéraux, principes amers, alcaloïdes, hétérosides,…
  4. est une thérapeutique de drainage, de reminéralisation, d’équilibration de terrain organique et des fonctions physiologiques surtout par voie interne
  5. agit sur le goût
  6. se rapproche de l’élément « Eau » ( la lune)

L’aromathérapie

  1. a une concentration de principes volatils
  2. n’a pas de principes actifs hydrosolubles ( sauf dans les hydrolats)
  3. n’a pas de tanins, de sels minéraux, de principes amers, d’alcaloïdes, d’hétérosides,…
  4. a des effets énergétiques au niveau cellulaire, une action anti-infectieuse, a pour but d’équilibrer le système neuro-endocrinien
  5. agit sur l’odorat
  6. se rapproche de l’élément « Feu-Distillation » ( soleil)

Comment est-elle produite ?

Quand on parle de distillation par entraînement à la vapeur d’eau, on pense alambic et alchimie.

L’art de la distillation utilise tous les éléments fondamentaux de l’univers : l’eau, l’air, le feu, la terre pour extraire des plantes leurs huiles essentielles, leur quintessence, qui passe de l’état liquide à l’état gazeux, puis de nouveau liquide.

Le principe est de faire passer un courant de vapeur de bas en haut.

Sous l’action de l’humidité et de la chaleur, les poches d’essence des plantes éclatent et libèrent l’essence volatile.

Au passage dans un serpentin de refroidissement ( paroi froide) les vapeurs d’eau chargées d’essence se condensent.

Un mélange d’eau et d’huile essentielle entre en ébullition à une température inférieure à celle de l’ébullition de l’eau.

A la sortie du serpentin, les deux éléments se séparent par différence de densité, les huiles essentielles étant presque toujours plus légères que l’eau.

L’alambic

Ce procédé inclut l’utilisation d’un alambic.

On le remplit d’eau dans son fond.

Au dessus de l’eau , il y a une petite grille sur laquelle on dépose les plantes.

On dépose alors l’alambic sur le feu ainsi l’eau chauffe et se transforme en vapeur.

Cette vapeur va extraire les molécules aromatiques des plantes.

D’un côté, on obtient les huiles essentielles, et de l’autre, les hydrolats (eaux florales) chargés des molécules aromatiques de la plante d’un autre côté.

6 étapes essentielles pour obtenir une huile essentielle de qualité

Il s’agit de bien choisir le végétal : plante sauvage, culture biologique,…

La quantité d’essence est proportionnelle à la quantité d’eau présente dans la plante : trop d’eau dû à un arrosage excessif donne peut d’essence.

La plante sauvage est souvent plus riche en essence ce qui est lié à ses conditions d’adaptation à son environnement.

Les traitements chimiques se retrouvent dans les huiles essentielles et ne permettent pas à la plante de produire suffisamment d’essence.

Il faut préparer la matière première.

Les fleurs doivent être fraîches, légèrement fanées.

Quant aux feuilles, on les ditille avec les tiges, préfanées.

Pour les bois, on les râpes ou on les broie.

En ce qui concerne les graines, on les écrases.

On distille les fruits frais car secs, ils ont moins de rendement.

Il est donc impératif de récolter correctement les parties des plantes à distiller.

On respecte alors : le stade végétatif, la météorologie, l’heure de la journée, la phase de lune.

Une mauvaise récolte a donc une influence sur la composition chimique du végétal.

La distillation doit être lente et prolongée.

C’est ce qui différencie une huile essentielle artisanale et industrielle.

Les huiles essentielles obtenues par distillation par entraînement à la vapeur d’eau ne sont pas totalement identiques aux essences des plantes aromatiques de départ.

Des artefacts apparaissent lors de la distillation.

La cohobation

Avec un appareillage spécial, on peut faire passer à plusieurs reprises l’hydrolat à travers la plante.

D’autres méthodes existent pour extraire les huiles essentielles ( enfleurage et par extraction au solvant volatil).

On utilise ces méthodes dans le domaine de la parfumerie.

L’extraction par CO2 supercritique

Cette méthode d’extraction ne donne pas une huile essentielle mais un extrait CO2 supercritique.

Biochimiquement, ces deux produits ne se ressemblent pas.

En conclusion

L’aromathérapie est mise en avant avec l’utilisation des huiles essentielles mais n’oublions pas les hydrolats, obtenus et produits en même temps.

On doit l’employer en complément de d’autres formes galéniques de plantes.

En effet, elle ne représente pas à elle seule la phytothérapie.

Une huile essentielle de qualité répond à tout un art de distillation.

 

 

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