Qu’est-ce que la migraine?


On parle de migraine dès lors qu’il y a répétition pendant des années de crises de maux de tête.
C’est une maladie vasculaire cérébrale mais aussi une affection spasmodique se traduisant par l’apparition brusque de maux de tête violents parfois accompagnés de vomissements et de vertiges.

Souvent précédés de troubles visuels mais des fois ils peuvent être sensitifs ou touchés le langage (quand il y « aura », il y a alors un trouble neurologique transitoire entièrement réversible).
Les douleurs sont unilatérales et pulsatiles.
Elles sont très douloureuses et peuvent survenir dans des circonstances diverses comme pendant les règles (migraines cataméniales), la digestion, le dimanche, le matin au réveil…
Les migraines obligent au repos, à être allongé et dans le noir.
Parfois, elles sont chroniques et fortement invalidantes.

On distingue 2 types de migraine

la migraine sans aura ou migraine commune. Elle se distingue par des douleurs unilatérales à caractère pulsatile, accompagnées le plus souvent par des nausées et des vomissements ainsi que par la photo et phono phobie.
la migraine avec aura « migraine accompagnée » dans laquelle une partie du cerveau est mal vascularisée ce qui peut entraîner des troubles visuels, des paresthésies, des troubles du langage, un engourdissement d’un bras ou de la face. En général, ces symptômes cèdent au bout d’une demi-heure et précèdent la crise migraineuse.

On notera qu’il y a un retour à l’état normal entre les crises sans détérioration cérébrale. De plus, l’intensité de la douleur est variable et les douleurs peuvent changer de localisation d’une crise à l’autre.

La crise peut durer de quelques heures à quelques jours. En effet, pour la moitié elle ne dépasse pas 6 heures et pour 10 % elle dure plus de 48 heures.

La migraine chronique dure plus de 15 jours par mois, pendant 3 mois.

Traitement médical

Elles sont souvent soignées par de l’ergot de seigle (bêtabloquants, dihydroergotamine) et des anti-sérotinergiques.

Les traitements sur la base d’anti-inflammatoires stéroïdiens et de Triptans ne doivent pas être pris plus de 8 jours car ensuite ils peuvent donner une dépendance. De plus, tous les médicaments pour la migraine (bêtabloquants et antiépileptiques) ont de nombreux effets secondaires.

Quelques chiffres

12 millions de personnes touchées en France.

2/3 sont des femmes et plus de femmes (15 /18%) que d’hommes (6%).

12 % des adultes. Surtout âgés de 30 à 40 ans.

15 % de la population mondiale est touchée.

Quelle est la physiologie de la migraine?


Théorie vasculo-humorale. En effet, on accorde une place prépondérante au déséquilibre de certains neuromédiateurs comme la sérotonine et certaines catécholamines.
En réponse à divers stress exogènes (aliments) ou endogènes (stress, hypertension) il se produit donc une brusque libération de sérotonine plaquettaire qui induit une vasoconstriction artérielle. Celle-ci est bientôt suivie par une forte vasodilatation passive responsable de la crise migraineuse.
D’autres neuromédiateurs comme la noradrénaline ( stress et anxiété), l’histamine (allergie alimentaire) et les prostaglandines.


Théorie neuronale car il y a une « inflammation neurogénique » en amont des processus de vasodilatation.
L’inflammation aurait pour origine une sensibilisation extrême de certaines régions du cortex trop sollicitées par une surcharge d’informations sensorielles.


Théorie centrale car l’hypothalamus a un rôle majeur dans le réglage de l’horloge biologique. Une anomalie du taux de sérotonine cérébrale et des taux nocturnes anormalement bas de mélatonine seraient en cause. Une mauvaise régulation hypothalamique serait donc à l’origine de la migraine.

Les facteurs favorisants de la migraine

  • une prédisposition familiale
  • des facteurs endocriniens car les œstrogènes chez la femme entraînent une migraine cataméniale. Autrement dit, une migraine apparaît quelques jours avant les règles.
  • des aliments et des troubles digestifs. En effet, certains aliments riches en amines vaso-actives (fromages, chocolat), en nitrites (saucisson, jambon), en glutamate (cuisine chinoise), en alcool. Ce sont donc des facteurs favorisant les migraines. Il peut y avoir aussi comme facteur un dysfonctionnement de la vésicule et du foie, une constipation, un jeûne, une hypoglycémie.
  • des facteurs physiques et météorologiques car une lumière vive, un vent violent, un orage, une odeur trop prononcée, une chaleur, le froid peuvent provoquer une migraine.
  • des origines sensorielles. En effet, un changement de rythme, un manque de sommeil, une nuit trop longue peuvent entraîner aussi une migraine. Une difficulté d’adaptation entre activité et repos provoque la migraine du week-end.
  • et des facteurs psychoaffectifs. Chez personnes qui ont une énergie «yang » dominante. Désir obsessionnel de perfection, désir de contrôle dû à la peur et l’insécurité. Colère, ressentiment, sentiment d’injustice. Ce sont autant d’émotions et sentiments qui peuvent conduire à la migraine.

Les conseils hygiéno-diététiques en cas de migraine

L’alimentation

L’alimentation joue un rôle prépondérant, elle devra donc être judicieuse en fonction des individus et des problèmes rencontrés.

Les aliments à éviter

Les laitages comme le lait, yaourt, fromages car ils contiennent des amines vaso-actives)…
Les graisses saturées (acides gras saturés) : beurre, lard, fromage, huile de palme, huile de palmiste, huile d’arachide, fritures, viennoiseries, charcuterie, …
Préférer la cuisson à la vapeur, à l’eau, en papillote, au grill.
Le sucre raffiné qui est blanc et que l’on retrouve dans les bonbons, confiseries, …
Les excitants dont le café, thé, alcool, tabac et chocolat
Les plats préparés et aliments industriels

Éviter les excès de protéines animales, l’alimentation industrielle, le roussi et noirci des aliments, excès de glucides rapides, de graisses saturées, de fer, la caféine (café et sodas), excès alcools, épices agressives, faible apport en végétaux, stress, certains polluants.

Les additifs à proscrire

  • Le MSG est un additif alimentaire (E621). Éviter donc de manger : parmesan, soupes en sachets, sauces de soja (choisir bio, sans MSG), dans les restaurants asiatiques et les fast-food.
  • Le glutamate avec l’acide glutamique (E620), glutamate monopotassique (E622), diglutamate de calcium (E623), glutamate d’ammonium (E624), diglutamate de magnésium (E625). Par contre, le thé vert, blanc, noir contient de la théanine et peut combattre l’excitoxicité due au glutamate et lutte contre le stress.
  • les nitrites contenus dans le saucisson et le jambon
  • l’aspartame
  • Se méfier des aliments riches en histamine. Autrement dit, le nuoc-mam, sauces soja, fromages fermentés, charcuteries (saucisses, saucissons,viandes fumées), viande de bœuf, foie de porc et de veau, gibier faisandé, thon, saumon, sardines, anchois, maquereaux, crustacés, blancs d’œufs, plats industriels avec additifs, pois chiches, arachides, tout ce qui contient des levures,vinaigre, achards et autres pickels, alcools, bananes, fraises, ananas mûr ou en boîte, café, chocolat. Par contre le magnésium inhibe la sécrétion d’histamine ainsi que la vitamine C et les polyphénols.

Quels aliments sont à privilégier en cas de migraine?

Avoir une alimentation anti-inflammatoire et prébiotique

Manger surtout des végétaux, des céréales complètes ou semi-complètes, les glucides lents.

Utiliser les épices suivantes comme le curcuma, gingembre, clou de girofle, ail, fines herbes, oignon…

Utiliser des huiles riches en oméga-3 donc le colza bio, l’olive, la cameline

Augmenter les polyphénols dont les principes actifs anti-inflammatoires ont un impact positif sur la flore intestinale. Par exemple: jus de myrtille, grenade, cassis, betteraves, amandes entières, chocolat noir, thé vert matcha ou tout autre thé.

Prendre des probiotiques (bifidus et lactobacillus)

Rechercher si allergie au gluten et/ou lactose

Les nutriments essentiels

Des anti-oxydants : ils inhibent les enzymes qui mènent aux prostaglandines pro-inflammatoires. Ce sont des nutriments anti-inflammatoires mais à forte dose.

La vitamine C et E et B car elle sert à la transmission de l’influx nerveux du système nerveux central et périphérique et à produire de l’énergie.

Le magnésium : il calme l’hyperactivité des globules blancs et réduit leurs sécrétions corrosives.

Du zinc car c’est un oligo-élément qui participe à la quasi-totalité des processus cellulaires.

Le sélénium

Les aides thérapeutiques en cas de migraine

  • ostéopathie
  • activité physique: natation, aquagym, aquajogging, marche,vélo, gym, yoga, qi-gong, pilate, danse, ski de fond.
  • massage et sexualité épanouie sont aussi sources d’endorphines.
  • bonne qualité de sommeil et les techniques de relaxation comme biofeedback, cohérence cardiaque, méditation, peuvent normaliser le taux de cortisol associé au stress chronique.
  • acupuncture ou le massage aussi des points d’acupuncture avec le baume de la paix
  • sympathicothérapie
  • homéopathie

Les 2 grandes plantes de la migraine

La grande camomille ou partenelle (Tanacetum parthenium L.) est considérée comme l’une des plantes les plus efficaces pour prévenir les crises migraineuses.
Il faut la consommer régulièrement au moins pendant 6 semaines.
Elle favorise une meilleure circulation sanguine au niveau cérébral. De plus, elle normalise le taux de sérotonine plaquettaire et inhibe l’agrégation plaquettaire. La partenelle possède aussi une action anti-inflammatoire
Le gingembre (Zingiber officinale) car les extraits de cette épice possèdent une remarquable action anti-inflammatoire et une action anti-nauséeuse.

D’autres plantes sont aussi bénéfiques

Vous pouvez réaliser une tisane avec ces plantes médicinales.

Les compléments alimentaires à associer en cas de migraine

  • vitamine B et particulièrement B2 ou riboflavine qui intervient dans la production cellulaire d’énergie. Vitamine B6
  • magnésium car un déficit aggrave l’intensité des crises migraineuses et jouerai un rôle dans l’apparition des migraines chez femme qui souffre de syndrome prémenstruel.
  • coenzyme Q10 puisque c’est un puissant antioxydant qui réduit le nombre de jours atteints, l’intensité des douleurs, le score global HIT-6 et le mal-être évalué par les migraineux.
  • zinc car c’est un neuro-protecteur à des doses nutritionnels ( à doses excessives, il a un effet contraire).
  • vitamine D3 avec vitamine K2 : d’octobre à mai pour renforcer l’immunité et la vitamine K est aussi anti-inflammatoire.
  • probiotiques pour équilibrer la flore intestinale
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